Le commerce des fruits

Rassurez-vous, je ne me suis pas lancé dans l’exportation de bananes ou autres denrées exotiques. Bien entendu, en Guinée, le commerce des fruits est florissant. Mangues, ananas, papayes, citrons, oranges, caramboles, acajou (parce que oui, autour de la noix, il y a un fruit très juteux), jacque (fabuleux) et dizaines de variété de bananes occupent un place prépondérante au marché local. Parce que vous n’imaginerez pas que le petit paysan qui a quelques plants de bananiers ou le petit gars qui grimpe ramasser les mangues chez le voisin rencontrent les critères et requis de l’exportation. Tous ces fruits juteux et savoureux (encore plus juteux et plus savoureux que chez nous, par la fraîcheur inégalable), sont donc aussi grandement consommé localement.

Mais bref, ce n’est pas de ça que je veux parler ici (je sais, je sais, écrire un paragraphe d’introduction sur un sujet pour ensuite dire que ce n’est pas le sujet du texte serait probablement fortement déconseillé par tout professeur de rédaction, mais bon, si vous n’aimez pas ça, vous avez probablement décroché bien avant de toute façon). Le commerce frugifère dont je parle ici est lié à un aspect sympathique de l’hospitalité guinéenne. Vous avez probablement déjà apporté une bonne bouteille de vin à un hôte. Ici, on amène un bon fruit. C’est bon, plein de vitamine, et ça évite de devenir alcoolo si on aime bien inviter les gens chez soi. Parce qu’ici, on ne va pas souper chez les gens seulement le samedi soir, mais à peu près n’importe quand, et pas nécessairement à l’heure du souper (même si on finit toujours par vous faire de la bouffe quelle que soit l’heure)

Bon, ça a l’air simple comme ça, mais le système est plus complexe en fait, et même après 6 mois je n’ai pas tout pigé. Parce que quand quelqu’un vient vous visiter, vous lui offrez aussi des fruits à rapporter chez lui (à partager avec sa famille, la famille étant un aspect très important). Jusque-là, c’est logique, mais pour ne pas que ça ait l’air d’un échange de fruit et donner l’impression que vous allez refiler votre fruit à la visite chez le voisin au repas du soir, il y a souvent un délai. Du genre, comme un mec m’a donné des fruits en partant quand je suis allé lui rendre visite, je vais apporter des fruits la prochaine fois qu’il me rend visite, et comme je lui aurai apporté des fruits, la prochaine fois qu’il me rend visite où que je lui rend visite, il me donnera des fruits. Sauf si je le visite chez ses parents, alors c’est toujours moi qui donne des fruits (mais rassurez-vous, la mama va me mitonner un petit plat succulent). Mais s’il y a des enfants sur place, alors on va toujours les envoyer acheter un fruit pour offrir à l’invité. À moins que ce ne soit la première fois que vous visitiez, ou la dernière fois avoir de quitter la région, sauf si vous revenez d’un voyage. Bref,c’est hyper sympathique, et  j’ai arrêté d’essayer de comprendre le système, et j’ai toujours un ananas sur moi. 3 juin 2014, à suivre

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Les tâches connexes

Agneau naissantQuand je me cherche un emploi chez moi, il y a presque toujours, dans la définition de tâches de l’emploi, l’expression « et tâches connexes ». Faire de l’ingénierie en Guinée inclue aussi des tâches connexes, notamment d’aider une brebis à mettre bas un agneau en plein champs de bananier. Remarquez, c’est sympathique de voir le petit dans sa première journée. Au départ, il peine à se tenir sur ses pattes (il a l’air de penser, mais comment ça marche ces trucs, pourquoi il y a en autant) et il faut l’aider à téter (parce que tout seul, il ne fait que renifler le ventre de la mère au hasard et statistiquement sans grand succès). Mais déjà le 2e jour, il gambade sans arrêt, sautant dans toutes les directions autour de sa mère (un peu comme pour dire, woohoo, j’ai des pattes, j’ai des pattes, yippe). Comme quoi, en Guinée, on apprend très vite sur le tas (même si parfois on va un peu dans toutes les directions).

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Faire du bénévolat

Il y a trois types de chose constructive à faire dans la vie. Étudier, où vous payez pour apprendre. Travailler, où vous êtes payé pour vos efforts. Et faire du bénévolat, où vous ne payez rien et vous apprenez, et vous n’êtes pas payé mais vous fournissez des efforts. Et surtout, vous avez du fun.

C’est pour dire que le bénévolat, j’aime bien, parce que vous apprenez pleins de choses gratuitement, et que faire de effort, eh bien, c’est bon pour la forme. Et en Guinée, il aiment bien le bénévolat aussi. Bon, comme toute choses, ce n’est pas tout à fait le même type. Par exemple, comme l’état a peu d’argent, il ne peut pas payer suffisamment de policiers. Donc, il y a un système où des villageois font bénévolement (on leur fournit l’uniforme et c’est tout, pas d’armes rassurez-vous), l’application des lois civiles et code de la route. Jusque là, c’est assez semblable à chez nous, le bénévolat. Je vais me permettre une petite parenthèse pour voir la nuance.

Il y a trois ans en Guinée, c’était un régime militaire qui dirigeait le pays. Officiellement, c’était le résultat d’un coup d’état pour enlever un dictateur (Sekou Touré de son petit nom) qui sévissait depuis l’indépendance des années 50 et durant 25-30 ans. Sauf que le général qui a fait le coup d’état est resté au pouvoir 25-30 ensuite. Bref, jusqu’à il y a deux ans, les militaires, du simple caporal aux grands généraux, avaient un très grand pouvoir dans la société guinéenne. Ce qui, souvent, a dérapé vers faire du taxage à tous ceux qui on l’air d’avoir de l’argent. Mais bon, n’allez pas penser que les militaires étaient des méchants (bon peut-être quelques-uns d’accord, mais ce n’est pas le point), bien au contraire, les militaires étaient de petits paysans catapultés sergents ou autres prestigieux grades, mais le prestige était tout ce qu’il avait, avec moins du quart du salaire qu’aurait normalement un simple soldat. Et quand on voit ses enfants avoir mal au ventre, même une bonne personnes se sentira à l’aise de soutirer quelques pièces à un homme se promenant doucement en voiture bien lavée.

Heureusement, c’est très différent maintenant, il y a un président élu et même si des relents de corruption demeurent, la situation c’est grandement améliorée. Je dis que des traces restent, parce qu’on n’oublie pas les vieilles habitudes, incluant celles des autres dont on était soi-même victime. Donc, quand vous donnez un uniforme à un “bénévole”, il faudra que je modifie ma définition dans le premier paragraphe, car, s’il n’a pas de salaire, il s’arrange tout de même pour être payé, par tous le monde qui commet des infractions (et les gens qui ont l’air riches sont plus souvent propices à être en constat d’infraction). Mais bon, comme je le disais, c’est beaucoup mieux qu’avant, comme les policiers n’ont plus le droit de taxer (c’est-à-dire obliger les gens à leur donner de l’argent), et c’est bien surveillé, ils demandent poliment de leur “donner un peu” , et si vous êtes patient (parce sans pouvoir vous forcer, ils peuvent tout de même vous faire attendre un bout de temps), ils vous laisseront partir sans problème, comprenant qu’il ne pourront rien vous soutirer. Et puis c’est fun, ça vous permet de discuter, de rencontrer des gens. Bon, vous me trouvez peut-être trop positif à dire que la situation est bien meilleure, que je trouve que le “bénévolat” est une nette amélioration. C’est à vous de voir, c’était peut-être mieux avant, on ne vous faisait pas attendre, et on demandant tout aussi poliment que vous donniez “un peu”. Simplement avec une arme à l’épaule.  Have fun.

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La Guinée, c’est ma tasse de thé

D’accord, l’expression grammaticalement correcte est la forme négative, mais en général, je suis positif, alors j’adapte. Donc la Guinée, j’aime bien. Et un truc que j’aime bien en Guinée (et là ça raccorde avec l’expression), c’est prendre une tasse de thé. Déjà, le thé y est succulent, mais surtout, prendre le thé avec des Guinéens est fort agréable.

Parce que prendre le thé, c’est avant tout démontrer publiquement que l’on accepte de prendre de son temps dans une journée chargée pour partager le compagnie d’une personne à qui on accorde de l’importance. Et aussi c’est l’occasion de discuter, parce qu’en croisant quelqu’un dans la rue, il faut être patient pour atteindre un sujet de conversation précis. C’est  que la salutation ici est un processus complexe, sans être rigide, mais dune telle variété qu’on n’en finit pas avant 2 minutes de dialogue qui enchaîne les répliques (en soussou, traduction libre): Bonjour; Bonjour; Ça va?; Ça va un peu (parce que pour le Guinéen, ça va toujours “un peu” en toute circonstance, jamais impeccable, mais jamais mal, en restant positif), Comment a été la nuit? ; Une bonne nuit, et vous? ; Oui oui; Et la journée? Pas de problème aujourd’hui, et vous? Oui oui ; Et le boulot? Du bon boulot, et vous? Oui oui, du bon boulot. Comment ça va là-bas? (sous-entendu, comment ça se passe à la maison, dans vos affaires); Ça va là-bas; Allez,  bonne journée, bon travail; Bonne journée. Et ça, dans n’importe quel ordre et même en répétant la même question 2 ou 3 répliques plus tard.

Bref, prendre le thé permet d’aller un peu plus loin dans la conversation, et discuter de la vie, de la politique, d’en apprendre plus sur les gens qu’on rencontre et d’où ils viennent. Et il faut effectivement de la patience, parce que la préparation du thé est très laborieuse (bien que tout Guinéen le fait avec une aisance désemparante). Sans être de la complexité de la cérémonie du thé au japon, le thé est transvidé plus d’une douzaine de fois (et à chaque fois le thé est versé d’une hauteur de près de 50cm dans un contenant à peine plus gros que ceux dans lesquels on sert l’alcool fort en portion de 2 oz/50mL) avant d’atterrir dans votre tasse, puis, comme pour rire, votre tasse est revidée dans la théière sur le feu (histoire de garder le thé et la tasse bien chaude). Et le processus recommence, au point de vous donner l’impression 3 ou 4 fois que c’est prêt et que vous pouvez prendre votre tasse, jusqu’à ce que vous soyez résolu à attendre sans broncher, et c’est à ce moment justement que c’est prêt et qu’on vous invite à le prendre. Comme si, à un certain niveau, cette coutume voulait vous amener au point de réalisation qu’il ne faut pas se presser quand on est entre amis. Have fun. 8 mai, à suivre.

 

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De l’eau dans le désert

Il fait chaud, on marche sous le soleil depuis 2h, alors j’offre à mes compagnons un peu d’eau (étant le seul qui avait prévu d’en apporter), et à ma surprise, je me fais répondre, non, elle n’est pas froide (ce qui est cohérent avec le fait d’avoir marché 2h au soleil). Le voyageur insouciant pensera peut-être “Mais qu’ils sont capricieux, je leur offre ce que j’ai alors qu’ils n’ont rien et il n’en veulent pas.” Mais il aurait mal interprété la situation. La raison derrière ce refus est bien plus sensé : malgré la misère et les manques, on refuse de se contenter de cette misère, parce que malgré toutes les difficultés de la vie, les Guinéens gardent toujours en tête qu’ils méritent de vivre comme des êtres humains et non pas comme des misérables, et que c’est pour cela qu’ils travaillent des heures à la cuisine pour faire un délice avec presque rien, et que c’est pour cela qu’il vont dépenser leur seul dollar pour de l’eau froide, parce que c’est le minimum pour demeurer un être humain civilisé. Ce n’est pas par caprice, mais c’est par la vraie fierté de soi. Have fun. 3 mai 2014

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Les bestioles

Rassurez-vous, je n’ai pas l’intention ici de vous montrer des photos de créatures terrifiantes aux dents acérées et venimeuses. Petit point de retour à la réalité : en Afrique, il n’y a pas plus de bêtes sauvages que chez nous l’été. D’accord, vous en trouverez si vous allez aux fonds des forêts ou de la jungle, ou encore si vous parcourez des centaines de kilomètres dans la savane pour essayer de trouver un lion (pas en Guinée, les lions c’est ailleurs en Afrique). Mais, je ne sais pas si vous êtes déjà tombé face à face avec un Grizzly au Canada, mais une bête de 3m de haut, 600kg de muscles et des griffes de 7 cm, selon moi, n’a rien à envier à un lion. Mais ça ne veut pas dire que en verrez un dans votre salon. Pareil pour le lion, alors restons calme.

Bref, pour ceux qui ne sont pas debout sur une chaise rien qu’en lisant le titre, je veux plutôt parler ici des petites et sympathiques bestioles (alors ceux qui en en dédain, vous pouvez attendre le prochain texte). Insectes, à pied, en vol, en sautillant et arachnides (bon c’est un nom avec une sonorité un peu violente, mais ça veut simplement dire qu’ils ont 8 pattes, ou plus, alors que la famille des insectes en ont toujours 6, excluant les ailes), les insectes sont vraiment amusants ici. Bien sûr, il y a en quantité en Guinée, mais c’est le cas de tous les pays chauds (ceux qui rage contre l’hiver, sachez que ça vous évite toutes ces bestioles qui ne supportent pas le froid), mais aucune (ou presque) n’est dangereuse. Seulement sympathiques et amusantes (vous verrez).

Pour commencer, vous avez les bestioles standards, comme les abeilles, avec lesquels on produit un miel local délicieux. Bon, certains disent que les abeilles ici sont plus agressives. Peut-être, mais quand le mec se pointe seulement lorsqu’il s’agit de « voler » le miel, alors que chez nous, les apiculteurs vont régulièrement près des ruches pour que les abeilles s’habituent à la présence humaine et ne soient pas stressées lorsqu’un « monstre » de 1m60 sur deux pattes vienne mettre ses doigts dans la ruche. Ensuite, dans le même style vestimentaire, vous avez les guêpes. Ça il y en a partout,  incluant à l’intérieur de la maison (retirez une ampoule pendant une journée et il y aura un petit nid de guêpe dans la douille le soir venu, c’est très prisé comme lieu d’hébergement), de toutes les tailles et surtout des grosses. Mais ce que je trouve amusant, c’est qu’elles ne piquent pas (bon, certaines oui, mais jamais celles qui sont près des maisons). Alors vous avez des guêpes partout, comme des mouches autour d’un barbecue, mais dans qu’elles ne viennent mettre leur pied dans vos plats, les guêpes guinéennes font preuve de plus civisme, c’est un peu la haute société des insectes.

Comme insecte volant, il y a beaucoup de coléoptères (vous savez ces bestioles à la carapace dure). Les coccinelles sont de la même famille, alors c’est gentil. Bon, les coléoptères ici font 4 centimètres de long, alors ce n’est pas le même effet, mais ils sont tout aussi inoffensifs que les coccinelles. Et à cette taille et avec une carapace en blindage, vous comprendrez que volez est difficile. Donc si vous entendez un bruit qui ressemble à un essaim de 5000 guêpes, c’est probablement un coléoptère qui vole doucement. Mais les coléoptères ici sont un peu cons (c’est le gros mec un peu simplet, mais doux et gentil, du monde des insectes). Il est courant d’entendre un bruit sourd le soir à l’extérieur, c’est un coléoptère qui vient de rentrer dans un mur de brique, et en essayant de reprendre son vol, souvent il rate et retombe en faisant encore un grand bruit. Au début je trouvais ça bizarre de voir souvent le matin un coléoptère mort. Avec cette carapace indestructible, qui pourrait bien en être le prédateur. Comme on s’imaginerait un professeur d’arts martiaux japonais : ton pire ennemi est en toi-même.

Sinon, pour les arachnides, il y a bien sûr le représentant le plus connu, l’araignée. Et comme les proies (insectes) sont plus grosses, les araignées sont plus grosses en Guinée (ou les petites qu’ils y a vivent par centaines dans des terriers, un peu comme les fourmis). C’est sûr, ça peut surprendre au départ quand on vous fait visiter une petite fabrique locale et qu’il y a des araignées de 10 centimètres sur les murs. Mais quand un autre canadien, me voyant en approcher une de la main, me prévient craintivement que je ne devrais pas puisque je ne sais pas si elle est dangereuse, je me suis permis de faire remarquer que si en 10 ans aucun travailleur n’a même eu un petit vertige en s’étant fait piquer, alors que ces araignées grouillent de partout, sans être statisticien, je crois que ça va aller. Et puis, les araignées mangent les moustiques, ce qui est agréable, d’autant que les moustiques ici (une sorte spécifique, mais répandue), peut vous donner la malaria (qui fait vingt mille fois plus de mort que les araignées), je préfère encore côtoyer des araignées.

Pour finir, parce que même s’il y a beaucoup d’autres bestioles, mon texte est déjà trop long, je termine avec ma préférée. Dans la famille des arachnides toujours, ce n’est pas une araignée, mais une amusante petite bestiole sur pattes (~5cm), nocturne qu’on peut donc voir chaque soir la tombée de la nuit. On pourrait la qualifier de femme de ménage, car elle nettoie votre chambre de tous les insectes et autres bestioles toute la nuit durant. Son comportement est vraiment hilarant : elle est toujours en train de courir de tous les côtés, elle n’a pas l’air d’avoir d’objectif, sinon que celui de courir, tel un jeune chiot surexcité (ou un militaire à qui on aurait demandé de faire 250 tours de la pièce). On la voie souvent longeant les murs, essayant de temps en temps de grimper mais sans jamais y arriver (ou alors sur 20cm et retomber ensuite et repartir aussitôt à la course). Et elle va hyper vite, au point que vous ne saurez jamais à quoi elle ressemble (à moins de tomber dessus en faisant le ménage de jour, où elle ne bouge pas). Bon, je dois avouer que ma bestiole préférée, c’est quand même elle qui m’a donné un petit sursaut quand la première semaine, couché dans mon lit à écrire un courriel, elle est passée à toute vitesse devant mon écran, à la manière d’un mec arrivant en retard au cinéma et voulant rejoindre sa place au plus vite, passant devant le projecteur. 30 avril, à suivre.

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Visiter la Guinée

Toutes mes excuses à vous chers amis, collègues et sympathiques personnes lisant ici mes petits textes. Cela fait près d’un mois que je n’ai pas ajouté de nouvelles descriptions de ma perception sur le morceau d’Afrique que je côtoie en ce moment. Il est probablement inopportun d’en donner les raisons, puisqu’il s’agit en quelque sorte de se trouver des excuses. Mais comme j’aime bien faire un peu n’importe quoi, je vous en donnerai les raisons, mais justement sous forme d’un nouveau texte (je fais n’importe quoi, mais jamais totalement dénué de sens). Et puis, au fond, j’écris toujours trop long, alors appréciez simplement le petit moment de pause.

Parce que la principale raison est que des gens de chez moi (encore que “chez moi” est relativement fluctuant ces dernières années) sont venus me visiter en Guinée. Bon, il y a d’autres raisons banales comme le fait de manquer d’électricité une semaine, que “l’électricien” qui nous a prêté une génératrice a branché les fils à l’envers et a fait sauter mon chargeur d’ordinateur (et 5-6 autres appareils), que le mec qui m’a vendu un nouveau chargeur (dans la capitale, à 5h de route) a une excellente politique d’échange en cas de disfonctionnement (il a l’habitude). Mais, laissons ces points de détails et parlons de la raison la plus sympathique : les Visiteurs.

Deux bonnes gens, un homme et une femme, dans la fleur de l’âge de la retraite ont décidé de venir mettre les pieds pour la première fois en Afrique. Mettant de côté les auberges champêtres et les hôtels, ils ont pris une sage décision (bon, sage, je ne sais pas, mais très sympathique en tout cas) : visiter la Guinée. Et n’allez pas croire que je les avais manipulés en ne leur montrant que le positif. Je suis certes quelqu’un de généralement positif (et pour manipulateur, je vous en laisse juge), mais je reste honnête. Lorsqu’ils m’ont suggéré ça, je leur ai au contraire présenté le projet comme une aventure ardue, une expérience très enrichissante certes, mais très dure. La nourriture différente, les matelas (enfin, c’est comme ça qu’ils appellent ça ici), la digestion parfois accélérée, l’absence d’attraits touristiques, la chaleur torride (encore que, vu la température de l’hiver au Canada cette année, peut-être que ça a joué dans le positif), les routes cahoteuses, les beaux paysages à voir en route, les points d’ombre rafraîchissants, les charmants coins où se promener, l’accès à de l’eau pure, la chambre privée, les saveurs exquises de la cuisine et différentes chaque fois.

Parce que c’est un peu ça visiter la Guinée, vous devez arriver en vous attendant au pire, et repartir en vous souvenant du meilleur. D’accord, ce n’est pas top confort, mais vous réalisez vite que c’est sans importance. Oui, les lieux à voir ne sont pas entretenus, mais quand vous visitez une chute d’eau de 100m au milieu de nulle part, ça ajoute à la sérénité du lieu (et l’accès au parc coûte 50 cents lorsqu’on n’a pas de frais d’entretien). Certainement, ce ne sont pas tous les plats qui seront dans vos goûts, mais c’est comme cela qu’on découvre de nouvelles saveurs. Et quand des gens vous parlent de venir visiter la Guinée, gardez-vous de leur informer d’une chose, parce que les mots ne pourront pas en faire une juste description. Les Guinéens sont absolument fabuleux, accueillants souriants, sympathiques, serviables et attentionnés, généreux du peu qu’ils ont, et généreux de tout la richesse culturelle qu’ils possèdent. Have fun. 27 avril, à suivre (dans moins d’un mois, rassurez-vous).

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